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samedi 21 juin 2008

América's Cup - Team French Spirit - Des « maquettes » de 7 mètres de long fraisées au chantier H2X à la Ciotat


Pour mettre en place un défi pour l’America’s Cup capable de rivaliser avec les meilleurs, Team French Spirit souhaite prendre en compte et optimiser tous les aspects fondamentaux d’une grande équipe : les hommes, le matériel, les moyens et le temps. C’est dans cette perspective que Marc Pajot et Team French Spirit ont lancé un concours d’architecte permettant d’évaluer le design team le plus performant, une fois que les contours de la 34ème America’s Cup seront établis.

Le concours d’architecte est placé sous la présidence de Philippe Gouard, Directeur Technique National de la Fédération Française de voile, et regroupe un certain nombre d’experts spécialisés dans les différents domaines de la conception et du design.

Aujourd’hui, le Team a fait réaliser deux maquettes des fameux AC 90 à l’échelle 1/4 pour commencer une campagne d’essais. Celles-ci seront testées à partir du 7 juillet au bassin d’essais des carènes de la DGA à Val de Reuil. « le but» explique Yann Roux, docteur en mécanique des fluides et coordinateur du Jury « est de valider un protocole d’évaluation basé sur la simulation numérique. En testant deux carènes radicalement différentes, nous allons comparer les résultats des essais avec les résultats numériques. La simulation numérique sera un des éléments de sélection pour départager les différents projets qui seront retenus par le Jury. »

Pour mener à bien ce projet ambitieux et assurer la mise en œuvre des coques destinées aux essais, Team French Spirit qui est localisé à Saint-Tropez, a pu s’appuyer sur des compétences régionales. Une partie des intervenants du jury sont basés en Méditerranée, comme Jacques et Nicolas Fauroux qui en ont dessiné les lignes et dont le cabinet d’architecture navale est à Cannes ou encore Franck de Rivoyre – ingénieur en mécanique des structures - et Yann Roux qui sont localisés à Sophia Antipolis.

Le chantier H2X au service du projet America’s Cup du Team French Spirit
Membre du pole de compétitivité Mer Paca, le chantier H2X à La Ciotat a été choisi par Team French Spirit afin de bénéficier de son expertise et de son centre d’usinage numérique 5 axes, nouvel outil apportant flexibilité, précision et rapidité.

vendredi 6 juin 2008

Marseille TP52 - ORACLE par K.O.


Après deux superbes manches disputées aujourd"hui sous la grisaille et dans un mistral musclé, le classement du Trophée de Marseille est en train de prendre ses couleurs, celles de la bannière étoilée. A la veille du dénouement, USA-17 est en tête avec 6 points d"avance sur les Suédois d"Artemis. De son côté, Bribón occupe toujours la première place au général de l"Audi MedCup.

Veni, vidi, vici.... l’arrivée de USA-17 sur l"Audi MedCup ressemble un peu à une guerre éclair. Alors que BMW Oracle annonçait il y a quelques jours que l’étape française serait sa seule participation au circuit, les voici, à un jour de la fin, plutôt bien placés pour remporter le Trophée de Marseille.

« On n’a pas que des cancres à bord ! » ironise le Français Dimitri Despierres, régleur aux côtés de Coutts et Spithill. « Et puis nous avons quand même bénéficié de l’expérience et de l’expertise d’Artemis, notre sistership ». Il s’agirait même d’un bateau jumeau, voire d’un équipage B, puisque le TP 52 suédois est mené par l’autre partie de l’équipage d’Oracle, avec John Kostecki en figure de proue. Et s’il y en a un capable de ravir samedi la place du chef, c’est bien Artemis. Torjorn Tornqvist et son groupe ont six points à rattraper…

« C’était la guerre »
Sur le plan d’eau vendredi, en l’absence de Matador, Caixa Galicia et Mutua Madrileña, sérieusement endommagés hier lors de plusieurs collisions dans le parcours côtier, ils n’étaient plus que 11 sur la ligne de départ.

« C’était génial, mais c’était la guerre ! » commente Romain Troublé (N°1 de Bribón) à son arrivée au ponton. On a eu 25 nœuds établis, des rafales à 30. Autant dire que c’est un peu la survie pour tout, pour régler les voiles, manœuvrer et aussi pour l’assiette du bateau. Au portant, avec Gillou (le N°2), nous sommes allés changer le foc à l’avant. On était littéralement sous l’eau ! ». Les équipages ont en effet enchaîné deux parcours banane sportifs et très techniques, que ce soit dans la conduite au portant ou dans l’appréhension des risées. Par mistral, les variations en direction sont parfois brutales et les positions se sont régulièrement redistribuées au sein de la flotte. Les plus réguliers ce vendredi sont les deux équipages américains de Quantum (1 et 2) et USA-17 (4 et 1).


Ils ont dit :
Romain Troublé (FRA), N°1 à bord de Bribón :
« Lors de la première manche, avant le départ, il y a eu un incident avec un des deux bateaux russes qui croisait bâbord. Ses barres de flèche nous ont touché et notre grand-voile s’est ouverte en haut, au niveau de la chute. Nous avons fait toute la manche 7 avec la grand-voile déchirée, sans trop pouvoir border ».

James Spithill (AUS), barreur de USA-17 : “Dans la deuxième manche aujourd’hui, on a eu des claques à 30 noeuds et quelques fabuleux runs. Dans cette régate, nous sommes restés plutôt conservateurs car on était plutôt en mode survie. Nous voulions terminer la course en un seul morceau et tout garder sous contrôle au portant. Ca a été beaucoup de plaisir, d’autant que la course a été très serrée. Le plus dur, c’était sous spi, avec pas mal d’empannages et de manœuvres, assez physiques pour l’équipage. Nos copains d’Artemis ont décidé de nous faire la vie dure et c’était plutôt intéressant."

Terry Hutchinson (USA), barreur de Quantum : « C’était bien de revenir dans le match aujourd’hui après une journée très décevante hier pour toute l’équipe. Aujourd’hui, le vent était très instable, en force comme en direction. Après un départ complètement raté, il a fallu qu’on se sorte la tête de l’eau pour revenir au contact. Nous nous sommes mis la barre haute et il y a plein de choses à retirer d’une journée comme celle-ci au niveau collectif. Notre réussite repose sur des détails et nous avons tous encore beaucoup de travail pour progresser."

Trophée Ville de Marseille
Classement provisoire après 8 manches
(Position, bateau, pays, M1, M2, M3, M4, M5, M6a, M6b, M7, M8, points)
1 USA-17 (6, 5, 1, 1, 3*, 3, 2, 4, 1, 26)
2 Artemis SWE (12, 1, 2, 2, 3, 2, 3, 2, 5, 32)
3 Platoon by Team Germany GER (7, 9, 5, 3, 6, 1, 1, 5, 4, 41)
4 Bribón ESP (4, 4, 4, 5, 5, 4, 5, 8, 3, 42)
5 Quantum Racing USA (3, 6, 12, 6, 1, 11, 8, 1, 2, 46)
6 El Desafío ESP (11, 10, 9, 8, 8, 5, 4, 6, 9, 70)
7 Matador ARG (2, 2, 7, 7, 12, 6*, 6*, 15, 15, 72)
8 Audi by Q8 ITA (8, 7, 8, 13, 9, 6, 7, 9, 6, 73)
9 Cristabella GBR (15, 3, 13, 12, 7, 7, 8, 3, 10, 78)
10 Mean Machine MON (1, 14, 3, 9, 4, 15, 15, 10, 7, 78)
* - Réparation accordée

jeudi 5 juin 2008

OOUUUPS !!!


Le clash des titans, on peut dire cela comme on veut mais avec du carbone ça rentre plutot comme dans du beurre !
Cela devait arriver tant les régates se jouent aux couteaux. Imaginez 14 moncoques de 52 pieds qui arrivent tous en même temps à la bouée au vent... Même avec les meilleurs barreurs et tacticiens au monde à bord l'accident à été, cette fois ci, inévitable ...

Trois bateaux sont rentrés au port suite à une collision qui en a impliqué 5 à la bouée au vent. Les plus touchés sont Caixa Galicia (étrave arrachée) et Mutua Madrilena dont le côté bâbord de la coque et le pont sont endommagés sur 1 mètre. Dans le choc, le barreur Vasco Vascotto s'est légèrement blessé les chevilles. Matador est également à quai avec la partie arrière bâbord abîmée.

Source : MedCup.org

mercredi 4 juin 2008

Le mistral souffle sur Marseille


Deux manches ont été envoyées par 25 noeuds de Mistral, principal responsable du grand show donné ce mercredi après-midi en rade sud. Les deux équipages américains USA-17 et Quantum s"imposent tour à tour tandis que les ultra constants Artémis et Bribón font leur trou au classement général du Trophée de Marseille et de l"Audi MedCup

Festival de départs au lof, quelques spis explosés, de nombreux empannages sur le fil du rasoir et des surfs à plus de 20 nœuds sur des nappes d’écume blanche… le Mistral a distribué ses claques (au propre comme au figuré) et rendu les conditions délicates pour les 14 monocoques en lice. Le spectacle a été en proportion. A vrai dire, peu d’équipages ont échappé à la sortie de route. Sportivement, en dehors de la tactique dans le premier bord de près, c’est dans la maîtrise des manœuvres de spi et dans la capacité à accélérer au portant sans faire de bêtise, que les choses se sont jouées.

Le règne américain
USA 17 et Quantum sont les grands gagnants du jour. Cette deuxième victoire de l’équipe d’Oracle depuis le coup d’envoi du Trophée de Marseille est à noter d’une pierre blanche. Il y a quelques jours seulement, on était en droit de douter de l’efficience du team américain qui arrivait pratiquement les mains dans les poches, sans avoir vraiment navigué sur son tout nouveau bateau. C’était sans compter sur la capacité de Coutts, Spithill, Ellison et leur groupe à trouver d’emblée les bons réglages et la bonne vitesse. Cela ne les a pas empêché de terminer 10e de la manche 5, suite à un départ volé, sujet ce soir à contestation. Après avoir étudié de près les images vidéo et les clichés des photographes, USA-17 réclame en effet contre cette décision du comité de course. Même si le futur challenger de la 33e America’s Cup a annoncé officiellement qu’il ne poursuivait pas son aventure dans l’Audi MedCup après Marseille (afin de se concentrer sur la préparation de la Coupe), force est de constater que l’esprit de compétition est toujours de mise !

Dans la deuxième régate du jour, ce sont leurs compatriotes de Quantum (Terry Hutchinson) qui vont mener le bal, sous un mistral toujours virulent. Cette manche 5 a été de toute beauté, à l’image du finish entre les cinq poursuivants, pratiquement spi dans spi pour franchir la ligne d’arrivée.

L’empire des plus réguliers
Une fois de plus, ce ne sont pas les héros du jour qui sont les mieux récompensés, ce sont les plus réguliers. C’est le cas d’Artemis (sistership d’USA-17 et dont l’équipage est en grande partie composé de membres de BMW Oracle), 2e et 3e ce mercredi, mais aussi de Bribón, qui semble réglé comme du papier à musique (deux fois 5e). Ces deux équipes occupent respectivement la tête du Trophée de la Ville de Marseille et le classement général du circuit.

Jeudi : le grand côtier
Demain jeudi, les 14 monocoques participeront à la traditionnelle course côtière, un parcours superbe qui les emmènera autour de l’Ile du Frioul et jusque dans la baie de Cassis. Rappelons que ce côtier est divisé en deux parties, sujettes chacune à un classement.

Sur les pontons du Vieux Port…
Aujourd’hui, Marc Pajot et Bertrand Pacé ( Team French Spirit pour la 34e America’s Cup) étaient en visite à Marseille pour une étude technique de ce que pourrait être leur TP 52 l’année prochaine. Marc Pajot a indiqué qu’il souhaitait intégrer le circuit en 2009, sans savoir encore s’il allait louer, acheter ou faire construire un bateau. Demain jeudi, l’Audi MedCup devrait recevoir la visite de Stéphane Kandler, le patron de K-Challenge, l’autre projet tricolore pour la Coupe.

Ils ont dit :
Ross Macdonald (CAN), tacticien de Bribón
“C’est probablement une des plus belles journées de l’Audi MedCup. C’est plutôt fun avec ces bateaux. Pas mal d’équipages ont connu des hauts et des bas aujourd’hui, donc bravo au nôtre pour avoir su garder le contrôle de la situation , même quand les choses allaient mal et à Dean de nous avoir permis d’être rapides au portant. Nous pouvons encore faire mieux dans pas mal de domaines. On essaie juste de progresser jour après jour. Nous devons travailler notre vitesse. Dean a pris deux superbes départs, mais nous n’avons pas su capitaliser là-dessus."

Torben Tornqvist (SWE), skipper et barreur d’Artemis
“Que demander de plus ? Du soleil, de superbes régates, du vent et des bons résultats ! Ces conditions de navigation sont assez délicates. C’est beaucoup de plaisir, mais c’est aussi exigeant. A la barre, c’est une sacrée expérience, vous vous perdez dans ces grosses vagues ! Le bateau est encore un peu mystérieux pour nous, mais nous devenons de plus en plus réguliers. Ce n’est pas un bateau facile à barrer, manœuvrer ou régler, mais il est rapide et ça c’est très positif.

Trophée Ville de Marseille
Classement provisoire après 5 manches
(Position, bateau, pays, M1, M2, M3, M4, M5, points)
1 Artemis SWE (12, 1, 2, 2, 3, 20)
2 Bribón ESP (4, 4, 4, 5, 5, 22)
3 USA-17 (6, 5, 1, 1, 10, 23)
4 Quantum Racing USA (3, 6, 12, 6, 1, 28)
5 Matador ARG (2, 2, 7, 7, 12, 30)
6 Platoon by Team Germany GER (7, 9, 5, 3, 6, 30)
7 Mean Machine MON (1, 14, 3, 9, 4, 31)
8 CxG Caixa Galicia ESP (9, 11, 6, 4, 2, 32)
9 Audi by Q8 ITA (8, 7, 8, 13, 9, 45)
10 El Desafío ESP (11, 10, 9, 8, 8, 46)

mardi 3 juin 2008

Grand Prix de Marseille : Matador en ouverture


Trois manches, trois vainqueurs différents et surtout de superbes conditions de navigation. Sous un solide mistral, Matador, le plus régulier ce mardi, prend la tête du Trophée de la Ville de Marseille tandis qu"au classement général de l"Audi MedCup, Bribón est désormais aux commandes.

On leur avait promis du vent et de l’action. Les 14 concurrents de l’Audi MedCup ont été servis sur un plateau. Du Mistral, ils en ont mangé jusqu’à plus faim : trois belles manches animées et sportives ont été disputées cet après-midi en rade sud. Dans 15 à 20 nœuds de vent d’ouest (s’essoufflant dans la manche 3), ces régates n’étaient pas seulement tactiques, elles étaient aussi très techniques, que ce soit à la barre, pour composer avec la houle cassante venue du large, ou dans les manœuvres. Pour la première fois depuis le lancement de l’Audi Med Cup il y a trois semaines, on a vu les TP52 s’ébrouer dans la brise, surfant à 20 nœuds sous leurs grands spinnakers, équipages au rappel maximum, l’étrave à la limite de l’enfournement.

Mean Machine, Artemis, USA-17… à chacun sa victoire
Chacun a subi aujourd’hui sont lot de bonnes et mauvaises fortunes (départs ratés, pénalités, et ce soir, plusieurs réclamations) et chaque course a connu un vainqueur différent. Mean Machine s’octroie la première mais termine dernier dans la seconde, sa première vraie contre-performance, due à deux pénalités exécutées en cours de manche. Artemis, le vainqueur de la saison 2007 a retrouvé des couleurs après des débuts timides à Alicante et remporte largement la deuxième régate, avant de laisser son trône dans la troisième à son sistership USA-17. Larry Ellison, Russel Coutts, James Spithill (aujourd’hui à la barre) et leurs hommes, ont de quoi se réjouir. Ils réalisent une très belle entrée en matière (6,5 et 1) leur permettant d’occuper la troisième place de cette étape marseillaise.

Matador, maître dans l’arène marseillaise
Mais le maître du jour est l’excellent équipage de Matador, emmené par les frères argentins Guillermo (à la barre) et Mariano (stratégiste) Parada, servis à la tactique par le talentueux Américain Vince Brun. Leur bateau est réputé à l’aise dans la brise, et eux semblent y prendre beaucoup de plaisir. Ils ne remportent aucune régate aujourd’hui mais leurs places de 2, 2 et 7 leur suffisent pour grimper en tête du Trophée de la Ville de Marseille.

Bribón : la prime à la régularité
La régularité est sans nul doute la clef pour ceux qui souhaitent briller au classement de l’Audi MedCup. Le troisième équipage très consistant ce mardi n’est autre que Bribón, trois fois quatrième. Revenus de loin à deux reprises, (un départ raté dans la deuxième manche et un mauvais louvoyage dans la troisième), Dean Barker et son groupe tirent les fruits de leur constance depuis Alicante. Les voici ce soir en tête du classement général provisoire de l’Audi MedCup, devant Mean Machine et Quantum.

Mercredi, ça va souffler
Mercredi, on prend les mêmes et on recommence, mais dans un vent encore plus soutenu. Pour ceux qui n’en n’avaient pas eu assez, le flux de nord-ouest promet de forcir jusqu’à 30 à 35 nœuds dans les rafales...

Trophée Ville de Marseille
Classement provisoire après 3 manches
(Position, bateau, pays, M1, M2, M3, points)
1 Matador ARG (2, 2, 7, 11)
2 USA-17 (6, 5, 1, 12)
3 Bribón ESP (4, 4, 4, 12)
4 Artemis SWE (12, 1, 2, 15)
5 Mean Machine MON (1, 14, 3, 18)
6 Quantum Racing USA (3, 6, 12, 21)
7 Platoon by Team Germany GER (7, 9, 5, 21)
8 Audi by Q8 ITA (8, 7, 8, 23)
9 CxG Caixa Galicia ESP (9, 11, 6, 26)
10 Mutua Madrileña ESP (5, 8, 14, 27)

mercredi 28 mai 2008

Rendez vous à Marseille


Du 2 au 7 juin, Marseille accueille la deuxième étape du circuit Audi MedCup. Les quatorze TP 52 seront bientôt amarrés au cœur du Vieux Port et batailleront en Rade Sud pendant une semaine, sous le regard de la ‘Bonne Mère’. Du grand spectacle en perspective et du beau monde sur les pontons. Les stars de la voile mondiale telles que Russell Coutts, James Spithill, Dean Barker ou Jochen Schuemann seront présentes, aux côtés d’un petit contingent français composé entre autres de Philippe Presti, Thierry Peponnet et Sébastien Col.

A Marseille, c’est en plein cœur de la ville que la ‘caravane’ de l’Audi MedCup fait escale pour la deuxième des six étapes du circuit. Du 2 au 7 juin, les 14 bateaux inscrits seront amarrés dans le vieux port, face à la Mairie, tandis que le Village de l’Audi MedCup jouxtera l’Hôtel de Ville, de l’autre côté de l’avenue.

5 jours de compétition et 10 manches en Rade Sud
Les courses se disputeront quant à elles dans la fameuse Rade Sud. Cette large baie, ceinturée d’un côté par la Corniche et de l’autre par les Iles du Frioul, constitue un stade nautique idéal, pour la beauté du site mais aussi pour la qualité et la variété des conditions de navigation qu’elle offre : fort Mistral, brise thermique et plus rarement vent d’est, tout est possible en cette période printanière.

“Les marins adorent régater ici. Marseille a tout pour elle : soleil, vent, plan d’eau exigeant et un paysage superbe. Les images tournées pendant cette semaine de compétition et les clichés de nos meilleurs photographes de mer seront là pour en témoigner," confie Bruno Troublé, un des organisateurs de l’étape marseillaise.

Les régates débutent lundi 2 juin par une série de manches d’entraînement qui offrent par ailleurs aux media et aux VIP une occasion unique d’embarquer à bord de ces monocoques high tech que sont les TP 52. Les choses sérieuses commencent dès le mardi 3 juin et ce jusqu’au samedi, où la meilleure équipe se verra décerner le Trophée de la Ville de Marseille. Au menu : 10 manches maximum, soit trois parcours “banane” par jour et une régate côtière (qui compte double en points) programmée le jeudi. Le résultat de toutes les manches disputées à Marseille sera additionné à celui d’Alicante pour compléter le classement général du circuit, actuellement dominé par Mean Machine, vainqueur en Espagne il y a 15 jours.

Mean Machine, l’équipe à battre
Cet équipage en majorité néo-zélandais, mené par le propriétaire et barreur du bateau, le hollandais Peter De Ridder, navigue sous les couleurs monégasques. En Espagne, la coque noire de leur tout nouveau plan Judel/Vrolijk s’est adjugée 5 victoires de manche. Ce sera sans nul doute l’équipe à battre la semaine prochaine. A suivre également deux solides concurrents qui ont parfaitement entamé la saison : Bribón, le bateau armé par José Cusi, traditionnellement skippé par Sa Majesté le Roi Juan Carlos et barré cette année par le néo-zélandais Dean Barker. Deux équipiers français y officient sur la plage avant : RomainTroublé et Gilles André. Bribón n’est qu’à un point de Mean Machine au classement général, il faut donc s’attendre à quelques belles escarmouches en Rade Sud. Enfin, les Américains de Quantum Racing, emmenés par Terry Hutchinson, occupent la troisième place du podium provisoire.

Oracle débarque
A Marseille, Quantum ne sera plus le seul représentant du pavillon américain, puisque l’équipage du très attendu USA 17 va faire son apparition. Ce tout nouveau TP 52 (un plan Reichel/Pugh, sistership d’Artemis, le vainqueur de la saison 2007) qui a effectué ses premiers entraînements mercredi dernier à Valencia, appartient au challenger de la 33e America’s Cup : BMW Oracle Racing. Il sera mené dans les eaux phocéennes par l’incontournable Russell Coutts, épaulé par James Spithill.

vendredi 23 mai 2008

TP52 Audi Q8 - Premier bilan.


Philippe Presti appartient au petit sérail des régatiers tricolores, passés avec succès de l’olympisme à l’America’s Cup. Deuxième barreur et coach du challenger finaliste Luna Rossa lors de la 32e America’s Cup, son actualité aujourd’hui emprunte divers chemins : au sein de l’équipe de France de Match Racing, du défi French Spirit lancé par Marc Pajot pour la 34e America’s Cup, mais aussi, pour la première fois, avec l’équipage italien Audi powered by Q8 sur le circuit Audi MedCup 2008.

Le poste…
« Je suis à la grand-voile, et j'aide en stratégie Tommaso Chieffi qui est à la tactique. L’équipage, c’est pratiquement toute mon équipe B de Luna Rossa. Cela dit, même avec des professionnels à bord – et aussi un coach, en la personne de Thierry Peponnet -, il s’agit d’un programme de propriétaire. C’est Ricardo Simoneschi qui est à la barre, et il a sa copine à bord. D’ailleurs, elle navigue plutôt bien ! Tout le monde parle en italien, sauf moi, en anglais. Mon rôle est de faire avancer le bateau. C’est une assez bonne idée finalement d’avoir un barreur à la grand-voile, même si j’avoue que ça me démange parfois de prendre ‘le manche’ : la barre n’est qu’à 10 cm à portée de main ! »

Le bateau, les sensations…
« Ce bateau est vraiment un régal, surtout au portant. Il est facile à faire marcher, il y a peu de pression dans les bouts ; même si parfois, c’est un peu physique à la grand-voile. Il est très léger. Au près, le bateau est très sensible au poids, on se croirait en dériveur. C’est en tout cas la sensation que ça donne après le Class America. Quand tu apprends à faire de la moto sur une 500 cm3, le passage en 125 paraît facile ! »

La problématique actuelle : trouver le mode d’emploi du navire
« Le bateau, un plan Judel/Vrolijk, a été construit en Nouvelle-Zélande en à peine quatre mois. On est encore en plein rodage. Normalement, il faut bien trois mois pour tirer la quintessence d’un bateau. Nos nouvelles voiles, nous les avons hissées pour la première fois ce week-end à l’entraînement (à la vielle du trophée d’Alicante). Il y a encore pas mal de bricoles à faire.
Tous les matins, on a une réunion pour travailler sur la mise au point, la vitesse. Car pour l’heure, on manque de vitesse. Il faut qu’on passe du temps sur les réglages statiques (le mât) et dynamique (les voiles). Actuellement, j’estime qu’on n’utilise que 60% des capacités du bateau. On va encore déchiffrer son mode d’emploi pendant quelques temps …tout ça associé à des conditions de vent légers et des départs en demi-teinte. Parce jusque là, c’est souvent la manière dont tu sors de la ligne départ qui fait le résultat. Mais bon, on progresse doucement. »

Découverte de l’Audi MedCup… « Si tu n’es pas là, tu te mets hors circuit »
« Les TP 52, c’est une classe où il faut être. Il y a peu de Français, mais si tu n’es pas là, tu te mets hors circuit. Il y a ici tous les gars de la Coupe. On fait du développement tous azimuts et pour moi, ce qui est fun, c’est de travailler en équipe. C’est une valeur moderne et c’est efficace. Dommage que ce ne soit pas assez valorisé en France où la régate en équipage est presque inexistante. On a du Mumm 30, un peu de Melges 24, mais la course au large a tendance à drainer tous les média et l’argent. Sans porter de jugement de valeur sur ce point, nous sommes complètement isolés, à 180 degrés de se qui se fait au niveau international. »

Propos recueillis par C.El

Extrait du palmarès de Philippe Presti :
America's Cup : barreur et coach de Luna Rossa, challenger finaliste de la Louis Vuitton Cup 2007, barreur Le Défi 2003,
Match racing- Equipe de France : nombreuses victoires en grade 1 et 2
Olympisme :
3ème championnat d'Europe de Printemps de Star 2003
4ème championnat du Monde de Star 2003
3ème classement ISAF de Star 2003
Vice champion du monde Soling/match racing 2000
10e J.O de Sydney
Médaille de bronze championnat d'Europe de Soling/match racing 1999
Double champion du Monde de Finn 1993 et 1996
15e J.O d'Atlanta